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Biocarburants : 3 questions à Xavier Beulin, Président de la FOP

25 octobre 2007

Biocarburants : 3 questions à Xavier Beulin, Président de la FOP


N’est-il pas choquant d’utiliser les mêmes cultures pour produire des aliments et des carburants alors que tout le monde ne mange pas à sa faim ?

La mission première de l'agriculture est de nourrir les hommes. Le débat "rouler ou manger" doit donc être bien posé. Sur un marché des huiles alimentaires saturé en Europe, le biocarburant Diester constitue un débouché supplémentaire aux graines de colza et de tournesol. N'oubliez pas qu'en même temps, nous générons davantage de tourteaux. Co-produits de nos graines, ils remplacent le soja OGM importé dans l'alimentation animale et garantissent aux éleveurs, donc aux consommateurs, des matières premières d’origine locale et de qualité. Il n’y a donc pas pénurie mais bien des disponibilités supplémentaires.

Certaines études prétendent que les "agro/biocarburants" dégageront au final plus de GES que les carburants actuels. Qui croire ?

Depuis 2002, les études conduites notamment par l’ADEME et intégrant l'ensemble des éléments "du champs à la roue" démontrent les effets positifs du Diester tant en terme de bilan énergétique que de lutte contre l'effet de serre. Voilà pourquoi nous parlons de biocarburant et pas d'agro-carburant, terme qui cantonne ce sujet à la seule agriculture.
Et si d'autres études divergent sur les méthodes, toutes partent des mêmes données de départ. Nous savons que des marges de progrès existent encore et nous nous donnons les moyens de les atteindre en signant une charte impliquant tous les acteurs et conciliant performance économique et efficience écologique. Ca, on ne peut pas le nier !

Le développement mondial des biocarburants se fait notamment au détriment de la forêt tropicale. Comment lutter contre cette contradiction ?

Il ne faut pas faire l'amalgame entre les filières françaises et mondiales. Il est inadmissible que la biodiversité soit menacée ou que les forêts primaires soient dévastées pour que nous importions des biocarburants produits à partir de palme ou de soja au mépris de toutes les règles écologiques. Nous refusons donc de telles dérives et nous privilégions nos propres cultures de colza et de tournesol. Nous mettons un point d'honneur pour que leur développement se fasse de façon durable et en accord avec les attentes sociétales.

 
 
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