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Communiqué 28/02/2014

28 février 2014 - PROLEA

Les organisations collectives : un enjeu stratégique pour la performance et la durabilité des agricultures familiales

 

 

Au cœur des défis du XXIème siècle sur la réduction de la pauvreté en milieu rural et la sécurité alimentaire dans le monde, les agricultures familiales doivent s’organiser de manière collective pour pérenniser et amplifier  leurs actions ; une conclusion partagée par tous les intervenants au colloque « Quelles organisations pour les agricultures familiales du 21ème siècle ? » organisé par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et agriculture (FAO), Agropol (Association de coopération internationale de la filière des huiles et protéines végétales) et la Fondation pour l’agriculture et la ruralité dans le monde (FARM) le 25 février, au Salon international de l'agriculture, dans le cadre de l'Année internationale de l'agriculture familiale soutenue par la France.

Gérard Tubery
, président d’Agropol et de la Fédération des producteurs d’oléagineux et de protéagineux (FOP), a rappelé, en ouvrant le colloque, l’ampleur de la faim et de la malnutrition dans le monde. « L’agriculture familiale est en première ligne pour résoudre ce problème ! ». Cependant, le regroupement et l’organisation des producteurs sont des enjeux déterminants car « seuls, ils ne pèsent rien ». Pour cela, l’appui des politiques est indispensable.

La directrice du Bureau des partenariats, du plaidoyer et du renforcement des capacités de la FAO, Marcela Villarreal, a affirmé quant à elle l’engagement de cette institution en faveur de l’agriculture familiale, qui constitue « une partie de la solution pour lutter contre la faim ». Encore faut-il considérer celle-ci « dans toute sa diversité », car « elle intègre des aspects culturels, économiques et sociaux, propres à chaque pays ». L'action collective est «un levier pour des agricultures familiales efficaces », solidaires et durables.

 


Bénin, Cameroun, Burkina Faso : trois expériences réussies d’organisations des agricultures familiales, en Afrique de l’Ouest, ont été présentées.
Matchou Djodi Gatta, président de l’Union nationale des CUMA Bénin (UNCUMA), a témoigné des efforts entrepris depuis 1997, avec l’appui des professionnels français et le soutien de la FAO, pour créer des coopératives d’utilisation de matériel en commun. « Rares sont les agriculteurs béninois qui peuvent se payer un tracteur. Grâce aux CUMA, ils sont devenus forts et les rendements ont augmenté » ; Une force qui leur permet de se faire entendre du gouvernement.
« Il faut lier le plaidoyer au renforcement des capacités économiques des agriculteurs. Nous aussi, nous voulons être des agriculteurs millionnaires ! », a lancé Elisabeth Atangana, présidente de la Concertation nationale des organisations paysannes (CNOP) du Cameroun. L’objectif de la CNOP est de professionnaliser les agriculteurs pour favoriser une agriculture familiale entreprenante, modernisée et durable. La PROPAC (Plateforme régionale des organisations paysannes d’Afrique centrale) œuvre pour faire entendre la voix des quatre millions d’agriculteurs membres et pour renforcer leurs compétences techniques et économiques, avec des actions particulières en direction des femmes et des jeunes ruraux.

Marc Gansonré, de la Confédération paysanne du Faso (CPF), a dressé le tableau de la filière tournesol en développement au Burkina Faso. « Notre démarche vise à expérimenter l’émergence et les conditions de pérennités des trois maillons principaux : production des graines, organisation de leur mise en marché et enfin trituration et commercialisation des huiles et tourteaux ». Tous les acteurs locaux – agriculteurs, transformateurs… - sont fortement impliqués, avec le soutien de partenaires techniques et financiers comme Agropol, Sofiprotéol, les ministères burkinabés de l’Agriculture et de la Recherche et la FAO.« Le potentiel de rendement en tournesol est élevé, supérieur à 2,5 tonnes par hectare. Et les débouchés, pour l’alimentation humaine et la nourriture des animaux, sont énormes », a-t-il insisté.

Des organisations dynamiques : une condition nécessaire mais pas suffisante

Ces trois intervenants, rejoints par André Beaudoin,  secrétaire général de l’Union des producteurs agricoles – Développement international (UPA-DI) du Québec, et Jean-Luc François, directeur de la division Agriculture, développement rural et biodiversité à l’Agence française de développement (AFD), ont débattu des problèmes auxquels sont confrontés les petits agriculteurs et des solutions mises en œuvre pour y remédier, dans le cadre d’une table ronde modérée par Jean-Christophe Debar, directeur de la fondation FARM.

Pour André Beaudoin, l’agriculture familiale se heurte à de nombreux obstacles, dont la libéralisation des échanges, la déréglementation, les difficultés de financement et le manque d’accès aux marchés. C’est d’autant plus regrettable qu’ « elle est performante si on lui en donne les moyens », comme le montre son développement dans les pays industrialisés, après la Seconde Guerre mondiale.


Jean-Luc François a souligné, quant à lui, la diversité des formes d’organisation des agricultures, que ce soit en coopératives ou autour d’« agrégateurs » (négociant, transformateur) regroupant la production des petits paysans. Mais pour exprimer son potentiel, l’agriculture familiale doit bénéficier d’appuis substantiels et durables, depuis les bailleurs de fonds internationaux jusqu’aux collectivités locales. Si les organisations paysannes jouent un rôle clé, elles doivent cependant faire preuve d’une « grande rigueur de gestion et de gouvernance ».

«Il faut donner à l’agriculture mondiale les capacités de produire et d'assurer sa propre diversité », a déclaré Stéphane Le Foll, ministre français de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt lors de son intervention. Face à l’émergence d’un

modèle de grandes exploitations, à base de salariat, « l'agriculture familiale assure la pérennité de la production agricole. Les deux conditions de son développement sont l'organisation et l'investissement » ; a-t-il conclu, reprenant une phrase d’Edgard Pisani, « Le monde a besoin de toutes les agricultures du monde pour se nourrir ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
 
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