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Culture des oléopros et environnement

Protéger les ressources naturelles


Les anciens, dans leur sagesse, savaient qu'il fallait laisser la terre se reposer au moins un an entre deux cultures de céréales pour éviter que les sols ne s'épuisent

Pour cette raison, au Moyen-Age, les paysans français qui cultivaient surtout du blé, du froment, du seigle, de l'orge… laissaient leurs champs une année sur trois en ''jachère''. C'est ce que nous appelons l'assolement triennal. La jachère était laissée en pâture aux animaux.


A partir du XVIIIe siècle, pour lutter contre la famine, les agronomes modernes du nord de l'Europe préconisent de remplacer la jachère improductive par des cultures utiles… mais différentes des céréales. C'est ainsi que, selon les régions, on vit apparaître dans les assolements, des cultures aussi variées que les pois, fèves, haricots, lentilles, lin, colza, choux, navets, pommes de terre, betteraves, tabac… La campagne était belle et la nature équilibrée !

Aujourd'hui, les assolements ont tendance à se simplifier

Les monocultures (cultures identiques chaque année) se pratiquent de plus en plus avec l'aide des engrais et des traitements chimiques, mais au détriment d'un équilibre naturel entre le sol, l'eau, l'air, les plantes et les animaux. Il est pourtant possible d'éviter cela en revenant à une exploitation plus ''naturelle'' des terres. En particulier, en diversifiant les cultures qui se succèdent dans un même champ.

 

Qu'entend-on par assolement et rotation ?


L'assolement est la répartition géographique des champs d'une exploitation agricole par grande culture

Chaque champ occupe une ''sole''. Une exploitation agricole se divise ainsi en ''sole blé'', ''sole betterave'', ''sole colza'', ''sole tournesol'', etc. Chacune de ces cultures revient périodiquement sur la même sole.

La rotation est l'ordre dans lequel elles se succèdent dans le temps

Ainsi, nous parlons de rotation ''colza - blé - orge'' (sur 3 ans) ou ''colza - blé - tournesol - blé'' (sur 4 ans)… En général, on appelle la culture qui précède la première céréale : ''tête de rotation''. Il peut s'agir de colza, pois, tournesol, etc. Elle est considérée comme améliorante car elle n'exploite pas le sol de la même façon que les céréales (azote, profondeur, etc.) et laisse des résidus (pailles) qui contribueront à restaurer la matière organique - donc la richesse - du sol.

 

Qu'apporte la diversification des cultures ?


Lorsqu'un agriculteur introduit d'autres cultures que des céréales dans son assolement, il contribue à protéger l'environnement pour de multiples raisons.

Préservation de la qualité des sols

Des cultures différentes prélèvent et restituent des éléments (azote, potassium, matière organique…) différents, alors qu'une culture qui revient souvent sur elle-même provoque à terme des déséquilibres et épuisent les réserves en certains éléments dont elle a particulièrement besoin. Au contraire, l'introduction de cultures comme le colza et le tournesol contribue à rétablir, par exemple, le taux de matière organique grâce aux pailles qu'elles laissent sur le sol après la récolte.

Moins de traitements chimiques

Les rotations courtes (avec peu de cultures différentes) ont tendance à concentrer dans la parcelle des champignons responsables de maladies ou des insectes indésirables. L'agriculteur devra alors avoir recours à davantage de produits de traitement pour les maîtriser. Il en est de même des graines de mauvaises herbes dans le sol : l'alternance de cultures différentes (monocotylédones et dicotylédones) facilite la maîtrise des adventices et permet donc d'utiliser moins d'herbicides. Utiliser moins de produits phytosanitaires constitue un avantage indéniable pour la qualité de l'eau. En outre, certaines plantes ont des atouts originaux pour préserver l'environnement. Ainsi, parmi les oléagineux et les protéagineux, plusieurs plantes comme le pois ou le soja, qui font partie de la famille des ''légumineuses'', peuvent fixer l'azote présent dans l'air ambiant et n'ont donc pas besoin d'apport d'engrais azoté.

Rétention du sol et des résidus de produit

Dans les régions sensibles à l'érosion, cultiver différentes cultures sur un même versant de vallon évite les grandes zones de sol nu et retient plus facilement les particules du sol. Dans une pente, l'alternance des cultures peut aussi jouer le rôle de filtre pour retenir d'éventuels résidus de produits phytosanitaires ou d'engrais qui pourraient se concentrer dans les ruisseaux au bas de la colline. Sous cet angle, le colza d'hiver est très intéressant car il occupe le sol pendant onze mois de l'année et agit comme une véritable pompe à nitrates pendant l'hiver alors que les pluies ont tendance à entraîner ces éléments vers les nappes phréatiques.

Préserver l'équilibre du milieu vivant

En maintenant la teneur en matière organique du sol, l'introduction de certaines cultures favorise le développement de micro-organismes utiles. Par ailleurs, l'occupation de l'espace par des cultures variées permet à la faune sauvage et au petit gibier de se loger et de se nourrir tout au long de l'année. Il en est de même pour les abeilles qui fréquentent le colza et le tournesol.

La beauté des paysages

Le tourisme vert très développé en France est sensible à la diversité des couleurs de nos paysages qui évoluent dans l'espace et le temps.

 
 
 
 Plein champ

Comment cultive-t-on les plantes riches en huile et protéines ?

 

Les cultures de plantes riches en huile ou en protéines n'occupent pas toutes le sol de la même façon :

  • les unes sont semées à l'automne et récoltées l'été suivant. C'est le cas du colza d'hiver. Elles occupent le sol l'hiver et limitent donc les fuites de nitrates.
  • les autres sont semées en sortie d'hiver et récoltées l'été de la même année. C'est le cas du pois de printemps, du tournesol, du lupin, de la féverole et du soja.
  • La luzerne est maintenue plusieurs années et les producteurs font des coupes plusieurs fois par an.
  • Les oliviers suivent des règles de conduite très différentes des cultures annuelles.
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